La financiarisation de l’économie désigne l’importance croissante prise par la finance dans le fonctionnement de l’économie. Ainsi, les décisions économiques sont de plus en plus influencées par des objectifs financiers – rentabilité, rendement pour les actionnaires, valorisation en Bourse – en plus des objectifs traditionnels de production, d’investissement ou de développement à long terme.
Pendant une grande partie du XXᵉ siècle, la finance avait principalement pour rôle de soutenir l’économie productive. Les bénéfices des entreprises servaient notamment à investir, acheter de nouvelles machines, développer de nouveaux produits, embaucher des salariés ou conquérir de nouveaux marchés.
À partir de la fin des années 1970, et plus encore durant les années 1980, un changement progressif s’opère dans de nombreux pays. Sous l’effet de la déréglementation des marchés financiers, de la mondialisation des capitaux et de l’ouverture des économies, la finance prend une place de plus en plus importante dans les décisions des entreprises, des banques et des États.
Les entreprises continuent bien sûr de produire des biens et des services. Toutefois, leurs choix sont désormais davantage influencés par les attentes des marchés financiers et des investisseurs. Une part croissante des bénéfices peut être consacrée au versement de dividendes, au rachat d’actions ou à d’autres opérations destinées à améliorer leur valeur financière.
Ce phénomène ne concerne pas uniquement les entreprises. Les banques, les fonds d’investissement, les compagnies d’assurance et d’autres acteurs financiers occupent aujourd’hui une place centrale dans l’économie. Les actions, les obligations, les dettes et de nombreux autres actifs financiers sont achetés et vendus en permanence sur les marchés.
La financiarisation ne signifie donc pas que l’économie a cessé de produire des richesses. Elle désigne un changement d’équilibre : la finance, qui était principalement au service de l’économie productive, influence désormais beaucoup plus fortement les décisions économiques. Cette évolution permet de mieux comprendre de nombreux phénomènes contemporains, comme les délocalisations, la pression exercée sur certains coûts de production, les crises financières ou encore l’importance prise par les marchés dans les choix économiques.
