Mise à jour : le 12/10/26
En ce moment, on reparle beaucoup du prix des carburants, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, et des taxes – contestées – qui pèsent sur leur prix. Face aux très grandes difficultés que cette situation peut entraîner pour beaucoup d’entre nous, certains observateurs évoquent même, un possible retour d’un mouvement tel que celui des Gilets jaunes, survenu en 2018.
Cette question des taxes sur le carburant m’a donné envie de revenir à une question plus générale. De quoi les ressources de l’État sont-elles constituées ? C’est ce que je vous propose de regarder ici, avant de voir, dans un second texte, qui les gère.
Les impôts et les taxes
Ce sont les premières ressources de l’État auxquelles on pense.
Il s’agit des impôts directement prélevés sur les revenus, comme l’impôt sur le revenu (IR) et l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IS).
L’impôt sur le revenu s’applique aux salaires du privé, aux traitements des agents de la fonction publique, aux revenus fonciers (ex : location d’appartement), aux pensions (retraites), aux bénéfices industriels et commerciaux (BIC) des commerçants, artisans, entreprises individuelles, imposés au nom du foyer et non de l’entreprise, et aux bénéfices non commerciaux (BNC) des professions libérales (médecins, avocats, consultants indépendants).
On a également le régime de l’impôt sur les bénéfices réalisés par les sociétés qui s’applique par défaut aux S.A, S.A.S et S.A.R.L. Une seule nuance, la SARL dite de famille peut opter pour l’impôt sur le revenu.
Il y a aussi les impôts sur la consommation, comme la TVA (taxe sur la valeur ajoutée). Le taux est différent selon la nature des biens ou services (en 2026 : 5,5 %, 10 %, 20 %). Il existe aussi certaines taxes qui portent sur des produits ou des activités particulières, comme la fiscalité sur les carburants, le tabac, l’alcool ou les jeux d’argent.
Les cotisations sociales
Ces cotisations sont obligatoires et assises exclusivement sur les revenus du travail. Elles sont versées par les salariés (part salariale) et les employeurs (part patronale) à l’Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales). Elles ne passent donc pas par le budget de l’État. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, chaque année, le Parlement votre deux budgets distincts. (lire mon texte à ce sujet : Comprendre le vote du budget).
L’Urssaf – organisme collecteur – répartit les fonds vers les caisses de retraite du régime général, de l’Assurance maladie, de l’assurance chômage. À noter que pour la retraite complémentaire la collecte est faite par Agirc-Arrco.
Les revenus du patrimoine public
L’État et les administrations publiques possèdent un patrimoine mobilier ou immobilier. Il peut s’agir d’immeubles, de terrains, de participations dans des entreprises ou encore de certains droits et concessions. Ce patrimoine peut produire des revenus : loyers, dividendes, redevances (par exemple lorsqu’un café occupe une partie du domaine public avec sa terrasse ou qu’une société exploite une autoroute).
L’État peut donc disposer de ressources sans avoir à les prélever directement sur les ménages ou les entreprises.
Les recettes liées aux services publics
Certaines administrations perçoivent également des recettes en contrepartie de services : droits d’entrée dans un musée public, frais d’inscription à une cantine scolaire, tarifs d’une piscine municipale, etc.
Ces recettes restent toutefois très différentes des impôts : elles sont versées par les personnes qui utilisent le service concerné, alors que l’impôt est prélevé sans donner droit, en contrepartie, à un service particulier.
Et l’emprunt ?
L’État peut également emprunter de l’argent, notamment en émettant des obligations. Mais l’emprunt n’est pas une recette au même titre que l’impôt. Certes, il apporte immédiatement des ressources, mais il crée en contrepartie une dette qu’il faudra rembourser, avec des intérêts.
On peut résumer les principales ressources publiques ainsi :
- Prélèvements → impôts, taxes, cotisations sociales
- Patrimoine public → loyers, dividendes, redevances
- Activités et services → recettes diverses
- Financement → emprunt
Ces ressources ne vont pas toutes à l’État. Certaines alimentent son budget, d’autres celui de la Sécurité sociale, des collectivités territoriales ou d’autres administrations publiques.
C’est ce qui nous amènera au deuxième texte : une fois l’argent collecté, à qui revient-il et quelles institutions en ont la gestion ?
Crédit photo : Engin Akyurt. Pexels.






