Mise à jour : le 21 mai 2026.
Des personnes aux revenus modestes m’ont raconté avoir misé leurs économies dans des crypto-monnaies ou des bitcoins…et avoir tout perdu. Ce ne sont pas des cas isolés. Ces témoignages, combinés à mes propres recherches, m’ont convaincue de faire le point sur ces formes d’investissement qui m’ont toujours semblé à la fois séduisantes dans leur présentation et étranges dans leurs mécanismes. Je vous en partage ici l’essentiel.
Petit rappel sur la notion de crypto-monnaie
Les crypto-monnaies les plus connues sont le Bitcoin (BTC), la première, lancée en 2009, et l’Ethereum (ETH), utilisé pour créer d’autres applications. Il en existe des milliers d’autres, plus ou moins fiables. On peut les acheter comme un actif (à l’image de l’or ou d’une action), les échanger comme une monnaie, ou simplement spéculer en espérant les revendre plus cher. C’est surtout ce dernier usage qui nous intéresse ici.
Rien n’est garanti, tout peut s’effondrer
La valeur du Bitcoin ou d’un token peut monter de 50 % puis redescendre de 70 % en quelques semaines — sans aucun filet de sécurité. Les NFT ? Selon une étude de la plateforme dappGambl publiée en 2023, 95 % des collections recensées ont aujourd’hui une valeur nulle. Le trading ? L’Autorité des marchés financiers (AMF) estime qu’entre 85 et 90 % des particuliers qui s’y lancent perdent de l’argent.
Ce n’est pas un terrain pour protéger ce qu’on a : c’est un terrain de jeu pour ceux qui peuvent se permettre de perdre — ou qui cherchent à profiter de ceux qui ne le peuvent pas.
Le cœur du système, c’est l’argent réel… des autres
Quand vous achetez une crypto, vous ne détenez rien de concret. Pas de terrain. Pas d’action. Pas d’objet. Juste un jeton virtuel dont la valeur repose uniquement sur l’idée que quelqu’un d’autre le paiera plus cher que vous demain.
C’est ce qu’on appelle de la spéculation pure. Et tant que de nouveaux acheteurs arrivent, le système monte. Mais dès que la confiance s’effrite, tout se dégonfle. Et ceux qui sortent les derniers — souvent les petits porteurs — restent avec une poignée de données sans valeur.
L’illusion de la modernité
Ce monde joue sur l’apparence : interfaces séduisantes, logos futuristes, langage d’initié. Mais derrière, on retrouve des mécanismes que toute bulle spéculative a déjà utilisés — jouer sur la peur de rater le train (le fameux FOMO), promettre des gains rapides et massifs, capter les émotions pour faire agir dans l’instant.
On ne vous invite pas à comprendre, mais à « croire », à « sauter le pas », à « faire partie du mouvement ». C’est du marketing émotionnel appliqué à la finance.
Quelques repères pour y voir plus clair
Si vous avez des économies modestes, trois principes simples méritent d’être gardés en tête. D’abord, protéger avant de rêver : le Livret A ou le LEP ne vous rendront pas riche, mais ne vous ruineront pas non plus. Ensuite, ne placer que ce qu’on comprend vraiment : comment ça marche, qui gagne, dans quelles conditions on perd. Enfin, se méfier des modèles où la valeur repose uniquement sur l’arrivée de nouveaux acheteurs : c’est le principe de la pyramide de Ponzi (interdite), où les derniers entrants paient pour les premiers sortants. Les cryptos ne sont pas illégales pour autant mais elles en partagent la logique fondamentale : sans nouveaux acheteurs, l’édifice s’effondre.
Une économie a besoin de confiance, pas de mirages
Tout dans les crypto-technologies n’est pas mauvais. Il y a des projets intéressants, des usages innovants, des idées à suivre. Mais ce n’est pas là, aujourd’hui, un terrain pour confier ses seules économies.
La stabilité financière personnelle ne se construit pas sur une promesse de richesse rapide, mais sur la lucidité, la patience et la compréhension de ce que l’on fait.
La technologie blockchain — ce registre numérique décentralisé qui enregistre et sécurise les transactions — n’est pas en cause en elle-même, estiment la plupart des analystes : c’est l’usage spéculatif qu’on en fait qui pose problème.
Si vous voulez explorer ce que les cryptos permettent concrètement en dehors de la spéculation, j’ai consacré un article à cette question : Crypto : existe-t-il des usages utiles, concrets, crédibles ?
Ressources :
AMF + ESMA — mise en garde directe aux particuliers (décembre 2024) En décembre 2024, l’ESMA (régulateur européen des marchés financiers) a encouragé les investisseurs à réfléchir attentivement avant d’investir dans des crypto-actifs, qu’elle qualifie de « hautement spéculatifs » et sujets à des « fluctuations soudaines et importantes ». L’AMF française a appuyé cet appel à la prudence. → Source directe : amf-france.org, janvier 2026. Très citables ensemble. AMF
AMF + ACPR — listes noires (2025) Depuis le début de l’année 2025, l’AMF a ajouté 71 noms sur sa liste des sites non autorisés à proposer des crypto-actifs en France. → Utile pour illustrer l’ampleur des arnaques, sans entrer dans le détail. ABE Infoservice
Article Les Crises : Crypto-monnaies : Trump a levé près d’un milliard de dollars grâce à ses différents montages
Crédit photo Genaro Servin. Pexel.






