Michel Clouscard

Michel Clouscard : une critique du capitalisme libéral

Michel Clouscard (1928-2009) était un philosophe et sociologue français. Il est surtout connu pour sa critique du capitalisme libéral qu’il considère comme une nouvelle forme de domination sociale.

Clouscard analyse comment le capitalisme s’est transformé après la Seconde Guerre mondiale. Il observe que ce système ne se contente plus de contrôler les moyens de production, mais s’étend à tous les aspects de la vie quotidienne : consommation, loisirs, désirs.

Pour lui, le libéralisme économique s’est allié au libéralisme culturel pour mieux contrôler les individus. Il parle d’une “liberté piégée” : le consommateur croit qu’il est libre de satisfaire ses désirs, mais ces désirs sont en réalité fabriqués par le marché, la fameuse création artificielle des besoins…

Dans “Le capitalisme de la séduction” (1981), il montre comment le capitalisme utilise le plaisir, la sexualité et le spectacle pour intégrer les individus au système économique. Les révoltes des années 1960, qui visaient à libérer les mœurs, ont été récupérées par le capitalisme pour en faire des moteurs de consommation.

Clouscard s’inspire de Marx pour analyser les rapports de classe, mais il va plus loin : il montre comment la bourgeoisie a intégré les critiques culturelles pour asseoir son pouvoir. Ainsi, la contestation devient elle-même un produit à consommer. C’est le cas, par exemple, de l’art contemporain souvent présenté comme subversif et qui est en fait un objet de distinction sociale, de spéculation et de consommation.

L’œuvre de Michel Clouscard est souvent considérée comme difficile d’accès en raison de son vocabulaire théorique mais ses idées sont claires : le capitalisme libéral utilise le désir pour dominer tout en prétendant libérer les individus.

Plus que jamais, aujourd’hui nous vivons dans ce capitalisme de la séduction : publicité toujours aussi envahissante, réseaux sociaux addictifs, objets technologiques à profusion et rapidement obsolètes, tourisme low cost, fast fashion.

Collectivement, le capitalisme de la séduction alimente le surendettement, l’épuisement écologique et la dépendance à la consommation comme source d’identité.


Wikipedia : Le Capitalisme de la séduction

Note de synthèse : Désir partout, bien-être nulle part ou le Capitalisme de la séduction


Crédit photo : Borko Manigoda. Pexels.