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	<title>Concepts et auteurs | Arteacom</title>
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	<description>Rédaction de contenus pédagogiques</description>
	<lastBuildDate>Thu, 15 Oct 2026 19:21:48 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Le Wall Street Consensus par Daniela Gabor</title>
		<link>https://www.arteacom.fr/le-wall-street-consensus-par-daniela-gabor-economiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Muriel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 08:49:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concepts et auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Notes de synthèse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;État prend les risques, le privé encaisse Imaginez un pays qui souhaiterait développer l&#8217;énergie solaire sur son territoire. Des investisseurs internationaux proposent de financer le projet, à condition que l&#8217;État garantisse leurs bénéfices en cas de problème. Si le projet &#8230; <a href="https://www.arteacom.fr/le-wall-street-consensus-par-daniela-gabor-economiste/">Lire la suite­­</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading has-virtue-primary-color has-text-color has-link-color wp-elements-2"><em>L&rsquo;État prend les risques, le privé encaisse</em></h2>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez un pays qui souhaiterait développer l&rsquo;énergie solaire sur son territoire. Des investisseurs internationaux proposent de financer le projet, à condition que l&rsquo;État garantisse leurs bénéfices en cas de problème. Si le projet échoue, c&rsquo;est le budget public qui paie. S&rsquo;il réussit, les profits partent à l&rsquo;étranger. Sympa, n’est-ce pas&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce mécanisme que l&rsquo;économiste Daniela Gabor a nommé le <em><strong>Wall Street Consensus</strong></em>. J’ai eu envie de vous faire connaître cet aspect de son travail car il illustre parfaitement que signifie réellement l&rsquo;expression « mobiliser les capitaux privés ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Née en Roumanie, formée entre Bucarest, Rotterdam et l&rsquo;Écosse, Daniela Gabor enseigne aujourd&rsquo;hui à la SOAS University of London. Son parcours n&rsquo;est pas celui d&rsquo;une universitaire pur jus. Avant d&rsquo;intégrer l&rsquo;université, elle a travaillé comme analyste de risques dans le secteur privé et comme consultante pour les Nations unies en Amérique latine. Elle connaît le langage de la finance avant de l’étudier au microscope. Ce qui lui donne une lecture de l&rsquo;intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son concept central, forgé en 2021, part d&rsquo;un constat. Depuis les années 1990, les grandes institutions internationales — Banque mondiale, FMI, G20 — répètent le même message : pour financer le développement ou la transition climatique,<strong> il faut attirer les capitaux privés</strong>. Ce que ce slogan dissimule, c&rsquo;est le rôle exact que jouent les États dans l&rsquo;affaire. Ils ne se retirent pas. <strong>Les états restent pour absorber les risques à la place des investisseurs. </strong>Les ressources publiques servent à rendre les projets suffisamment rentables pour satisfaire les exigences des grands fonds d&rsquo;investissement. Les biens communs — eau, énergie, santé, logement — deviennent des produits financiers. Les investisseurs continuent à prendre certains risques, mais les risques les plus lourds sont progressivement socialisés tandis que les gains restent largement privatisés. Cela illustre la remarque que l’on lit ou entendu parfois&nbsp;: mutualisation des pertes, privatisation des bénéfices. Un phénomène que je trouve particulièrement injuste et révoltant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cadre, Gabor l&rsquo;applique partout : aux sommets climatiques, aux dettes des pays africains, aux politiques de la Banque centrale européenne. Son travail se situe à la frontière entre économie du développement, finance internationale et politique monétaire. L&rsquo;objectif n&rsquo;est pas seulement de décrire les marchés financiers mais de comprendre <strong>comment ils influencent désormais la façon dont les États conçoivent leurs politiques publiques</strong>. Elle publie dans des revues académiques, mais aussi dans des médias comme <em>Jacobin</em> ou <em>Phenomenal World</em>&nbsp;; deux références sérieuses pour qui veut suivre le débat économique critique en anglais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme beaucoup d&rsquo;économistes critiques contemporains, Gabor occupe une position particulière : elle analyse les limites du système tout en conseillant régulièrement le Parlement européen, le G20 sous présidence brésilienne et les Nations unies. Cette situation soulève une question récurrente : jusqu&rsquo;où peut-on transformer un système lorsqu&rsquo;on agit depuis  l&rsquo;intérieur ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce modèle, elle propose ce qu&rsquo;elle appelle le « <strong>Big Green State</strong> » : un État qui ne se contente pas de séduire les investisseurs privés, mais qui organise directement la transition, <strong>fixe des règles contraignantes au capital et reprend la main sur des secteurs stratégiques</strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des économistes proches de ses convictions, comme l&rsquo;américain J.W. Mason, lui reprochent cependant de tracer la frontière trop nettement. Certains dispositifs publics-privés, comme la loi Biden sur le climat aux États-Unis, contiendraient selon eux des leviers de transformation réels malgré leurs imperfections. Le débat est ouvert : faut-il refuser les compromis parce qu&rsquo;ils consolident un système, ou s&rsquo;en emparer pour le faire bouger ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Gabor nous permet de comprendre, <strong>c&rsquo;est pourquoi les grands sommets climatiques ressemblent souvent à des salons de la finance hype</strong>. Pas à cause d&rsquo;une quelconque conspiration, mais parce que l&rsquo;architecture même de ces réunions &#8211; qui est invité, quelles solutions sont jugées « réalistes » — oriente les décisions dans un sens favorable aux détenteurs de capitaux. Nommer ce mécanisme, c&rsquo;est déjà se donner les moyens de le discuter.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">A lire également sur arteacom&nbsp;: <strong><a href="https://www.arteacom.fr/credits-carbone-une-absurdite-ecologique-devenue-systeme-speculatif/" title="Crédits carbone, une absurdité écologique devenue système spéculatif">Crédits carbone, une absurdité écologique devenue système spéculatif</a>.</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour aller plus loin</strong> :</p>



<p class="wp-block-paragraph">A visionner&nbsp;: la série Arte Money de Gérard Mordillat (disponible sur Arte.tv).</p>



<p class="wp-block-paragraph">« The Wall Street Consensus », Development and Change, 2021 (accès libre en ligne).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les analyses de D. Gabor sur le très sérieux site&nbsp;d&rsquo;économie politique : &nbsp;<a href="https://phenomenalworld.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">phenomenalworld.org</a>.</p>



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		<title>Joel Mokyr et la croissance : ce que son modèle met sous le tapis</title>
		<link>https://www.arteacom.fr/joel-mokyr-et-la-croissance-ce-que-son-modele-met-sous-le-tapis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Muriel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2026 15:43:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concepts et auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Notes de synthèse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dès les premières minutes où j&#8217;ai écouté Joel Mokyr, sur France Culture, parler de croissance, d&#8217;innovation, d&#8217;énergies renouvelables et d&#8217;intelligence artificielle, j&#8217;ai vu les tas de déchets s&#8217;amonceler au fil de ses paroles et me suis dit : ce gars &#8230; <a href="https://www.arteacom.fr/joel-mokyr-et-la-croissance-ce-que-son-modele-met-sous-le-tapis/">Lire la suite­­</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Dès les premières minutes où j&rsquo;ai écouté Joel Mokyr, sur France Culture, parler de croissance, d&rsquo;innovation, d&rsquo;énergies renouvelables et d&rsquo;intelligence artificielle, j&rsquo;ai vu les tas de déchets s&rsquo;amonceler au fil de ses paroles et me suis dit : ce gars est sponsorisé par le CAC 40 !  🙂</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la droite ligne de <a href="https://www.arteacom.fr/cultiver-son-attention-avec-simone-weil-pour-mieux-apprehender-le-reel/" title="Cultiver son attention avec Simone Weil pour mieux appréhender le réel">Simone Weil </a>— qui nous invite à mettre à distance nos réactions primaires — je me suis ressaisie et j&rsquo;ai entrepris de comprendre ce que cette pensée examine et ce qu&rsquo;elle semble mettre de côté, certainement pour des raisons de cohérence de la démonstration. Ce qu&rsquo;on appelle les angles morts.</p>
</blockquote>



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<h2 class="wp-block-heading">Ce que Mokyr défend : une longue histoire du progrès</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Joel Mokyr est historien de l&rsquo;économie, professeur d&rsquo;université  aux États-Unis. En octobre 2025, il reçoit le prix Nobel avec Philippe Aghion et Peter Howitt. Le jury récompense leurs travaux sur <strong>le rôle de l&rsquo;innovation dans la croissance économique de long terme</strong>. Ce n&rsquo;est pas le discours d&rsquo;un économiste outsider qui donne dans la disruption : c&rsquo;est le paradigme dominant consacré au plus haut niveau ; celui qui pose la croissance économique comme horizon indépassable et l&rsquo;innovation comme réponse universelle à tous les problèmes, du chômage au climat en passant par les déchets qui s&rsquo;amoncellent un peu partout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence selon lui vers 1450, avec <strong>deux ruptures fondatrices</strong> : <strong>l&rsquo;imprimerie</strong>, qui permet une diffusion massive des savoirs, et <strong>les grandes explorations européennes</strong> — Colomb vers l&rsquo;Amérique, les routes maritimes vers l&rsquo;Asie — qui élargissent radicalement l&rsquo;horizon du monde connu. Ces deux événements remettent en cause les certitudes héritées de l&rsquo;Antiquité. On réalise qu&rsquo;on en sait plus qu&rsquo;Aristote ou Ptolémée. Les conditions d&rsquo;<strong>une idée nouvelle commencent à se mettre en place : celle que le monde peut s&rsquo;améliorer</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Lumières achèvent cette transformation intellectuelle : à partir de 1700, l&rsquo;amélioration continue des conditions humaines devient, dit-il, « la croyance fondamentale de l&rsquo;Europe ». La Révolution industrielle en est la première manifestation économique concrète — selon Mokyr, les gens mangent mieux, vivent plus longtemps, se déplacent plus loin. Il balaie toute nostalgie : avant la Révolution industrielle, la misère était la norme, pas l&rsquo;exception.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le présent, il applique la même logique. L&rsquo;intelligence artificielle ? Une révolution comparable à la machine à vapeur. Le chômage de masse ? Les emplois détruits ont toujours été compensés par de nouvelles activités, et le vrai problème à venir sera le manque de travailleurs, lié au vieillissement démographique. Le dérèglement climatique ? Soluble par l&rsquo;innovation technologique, notamment les énergies renouvelables, dont la Chine offre selon lui la preuve de concept la plus convaincante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son récit est cohérent, documenté, porté par quarante ans de recherche académique. C&rsquo;est précisément ce qui rend ses angles morts intéressants à examiner par ses contradicteurs.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Ce que son modèle laisse dans l&rsquo;ombre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Précisons d&#8217;emblée : Mokyr n&rsquo;est pas aveugle aux effets secondaires du progrès. Dans une tribune publiée dans Le Monde en 2023, il les nomme lui-même — l&rsquo;amiante, le plomb tétraéthyle — et reconnaît que les conséquences imprévues de l&rsquo;innovation peuvent « mettre en danger les réalisations » du progrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais sa réponse reste invariablement la même : <strong>il faut plus d&rsquo;innovation ; simplement, elle doit être mieux régulée</strong>. Ce qu&rsquo;il ne remet jamais en cause, c&rsquo;est l&rsquo;objectif lui-même : croître. C&rsquo;est là que se trouvent ses angles morts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mokyr comptabilise les gains — productivité, longévité, confort. Mais dans sa colonne dépenses, les coûts que le marché n&rsquo;enregistre pas n&rsquo;apparaissent pas. <strong>Ce que les économistes mainstream appellent les externalités négatives, et que beaucoup de gens appellent plus simplement les dégâts</strong>. Un exemple concret : une marée noire ou une prolifération d&rsquo;algues vertes augmente le PIB, via les dépenses de nettoyage. Le système comptabilise l&rsquo;activité, le chiffre d’affaire généré, pas la destruction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les déchets de l&rsquo;innovation verte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prenons son exemple le plus récent : les énergies renouvelables. Un panneau solaire nécessite du silicium, de l&rsquo;argent, du cuivre, de l&rsquo;aluminium. Tout cela s&rsquo;extrait. Les pales d&rsquo;éoliennes, fabriquées en fibre de verre et résine époxy, ne se recyclent pas à grande échelle aujourd&rsquo;hui : elles finissent enfouies. On a tous vu ces images avec stupeur. Le lithium des batteries provoque des déserts hydriques dans le nord du Chili et en Argentine, où des communautés locales perdent l&rsquo;accès à l&rsquo;eau. En Chine, des milliers d&rsquo;hectares de paysages sont recouverts de panneaux photovoltaïques. <strong>La transition énergétique ne fait pas disparaître la pollution ; elle la déplace, et la rend moins visible depuis Paris ou Bruxelles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce que soutient l&rsquo;économiste <strong>Jason Hicke</strong>l dans <strong><em>Less is More</em></strong> : aucune économie n&rsquo;aurait jamais réussi à découpler croissance et consommation de ressources à l&rsquo;échelle requise. Découpler, c&rsquo;est l&rsquo;idée qu&rsquo;on pourrait produire plus en consommant moins de matières premières et d&rsquo;énergie. Un horizon que Hickel juge illusoire à grande échelle. Le découplage absolu reste empiriquement contesté, mais l&rsquo;argument mérite d&rsquo;être pris au sérieux. La croissance verte, selon lui, est davantage un mythe comptable qu&rsquo;un horizon réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exemple simple résume ce débat : la voiture électrique remplace la voiture thermique. Progrès, dit Mokyr. Pour ses contradicteurs, on remplace du pétrole par du lithium, mais l&rsquo;extraction totale ne diminue pas forcément. <strong>Le problème se déplace, il ne disparaît pas.</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Ce que la fabrication concrète de l&rsquo;IA dissimule</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quand Mokyr parle de manque de travailleurs, il parle des économies du Nord. Mais la fabrication concrète de l&rsquo;IA commence ailleurs : cobalt extrait en République démocratique du Congo, assemblage de composants électroniques en Chine, câblage et sous-traitance industrielle au Bangladesh. Ce travail existe — il n&rsquo;apparaît donc pas dans les statistiques du chômage. Mais il est dégradé et invisible, externalisé là où personne ne regarde. La Chine que Mokyr cite comme modèle d&rsquo;innovation renouvelable est aussi celle dont les conditions de travail dans les usines de panneaux solaires sont régulièrement documentées par les organisations de défense des droits humains.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">La qualité du travail réduite à sa quantité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur l&rsquo;IA et l&#8217;emploi, Mokyr raisonne en volume : des emplois seront créés, donc pas de catastrophe. Mais la question n&rsquo;est pas « y aura-t-il des emplois ? » — c&rsquo;est « dans quelles conditions ? » Les annotateurs de données au Kenya ou aux Philippines étiquettent des heures durant des images violentes pour entraîner les modèles. Pour quelques dollars par jour, les modérateurs de contenu sous-traités sont exposés à des matériaux traumatisants, sans protection psychologique. Les livreurs travaillent au rythme imposé par un algorithme — itinéraire, cadence, pauses : aucune marge de manœuvre. Et dans les mines de métaux rares — cobalt, lithium, coltan — des travailleurs se ruinent la santé pour extraire ce qui rend nos technologies possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est justement ce que pointe <strong>Daron Acemoglu</strong> — lui aussi prix Nobel, en 2024 — dans ses travaux récents sur l&rsquo;IA : elle détruit davantage d&#8217;emplois de qualité qu&rsquo;elle n&rsquo;en crée, et l&rsquo;optimisme sur la substitution est empiriquement fragile. Nous avons donc, deux Nobel et deux lectures opposées des mêmes données.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Le prix Nobel consacre une vision du monde</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n&rsquo;est pas Mokyr en particulier. C&rsquo;est que son cadre — celui qui pose la croissance comme horizon indépassable et l&rsquo;innovation comme seule réponse possible — est ce que le jury Nobel 2025 a choisi de récompenser. <strong>Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;angle mort d&rsquo;un homme : c&rsquo;est l&rsquo;angle mort d&rsquo;un paradigme entier. Celui qui mesure le progrès en PIB</strong>. Et laisse dans l&rsquo;ombre,&nbsp;loin de nos regards, les déchets, les paysages sacrifiés, les corps épuisés et souvent malades de ceux qui extraient, assemblent et livrent pour satisfaire le système consumériste.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Crédit photo : <a href="https://www.pexels.com/fr-fr/@tomfisk/" target="_blank" rel="noopener" title="">Tom Fisk. Pexels</a>.</p>The post <a href="https://www.arteacom.fr/joel-mokyr-et-la-croissance-ce-que-son-modele-met-sous-le-tapis/">Joel Mokyr et la croissance : ce que son modèle met sous le tapis</a> first appeared on <a href="https://www.arteacom.fr">Arteacom</a>.]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Identifier les tendances fascistes dans la société avec Umberto Eco</title>
		<link>https://www.arteacom.fr/identifier-les-tendances-fascistes-dans-la-societe-avec-umberto-eco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Muriel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 10:28:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concepts et auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Notes de synthèse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En visionnant un short de France Culture sur la naissance des notions de fascisme et d&#8217;antifascisme en Italie, j&#8217;ai repéré un commentaire d&#8217;internaute qui m&#8217;a semblé particulièrement pertinent. Il faisait référence au texte d&#8217;Umberto Eco, Le fascisme éternel, et à &#8230; <a href="https://www.arteacom.fr/identifier-les-tendances-fascistes-dans-la-societe-avec-umberto-eco/">Lire la suite­­</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">En visionnant un short de France Culture sur la naissance des notions de fascisme et d&rsquo;antifascisme en Italie, j&rsquo;ai repéré un commentaire d&rsquo;internaute qui m&rsquo;a semblé particulièrement pertinent. Il faisait référence au texte d&rsquo;Umberto Eco, <em>Le fascisme éternel</em>, et à sa liste de caractéristiques du fascisme. Je souhaite le mettre en lumière ici pour vous, à l&rsquo;instar de ce que j&rsquo;avais fait pour les critères du fascisme de <a href="https://www.arteacom.fr/le-fascisme-a-travers-lanalyse-de-robert-o-paxton/" title="Le fascisme à travers l’analyse de Robert O. Paxton">Robert Paxton</a> sur ce site.</p>
</blockquote>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un texte court… mais marquant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le fascisme éternel</em> — publié en anglais sous le titre <em>Ur-Fascism</em> dans la <em>New York Review of Books</em> en 1995 — est un essai bref mais influent. Il ne cherche pas à définir le fascisme comme une doctrine unique, mais à donner des repères pour le détecter quand il se manifeste, souvent de manière progressive et diffuse.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Umberto Eco : un intellectuel majeur du XXe siècle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la force de ce texte, il faut connaître son auteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Umberto Eco (1932–2016) est l&rsquo;un des intellectuels les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle. <strong>Sémiologue</strong> — spécialiste des signes et du sens —, il a consacré sa vie à comprendre comment le langage construit, oriente et parfois manipule notre vision du monde. C&rsquo;est précisément cette discipline qui l&rsquo;a rendu si redoutable face aux discours démagogiques : celui qui sait décrypter les signes voit les arnaques de langage là où d&rsquo;autres ne perçoivent que des mots.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son œuvre est double. Côté académique, ses travaux sur la sémiologie, la communication et la culture populaire ont fait de lui une référence mondiale. Côté littéraire, <em>Le Nom de la rose</em> (1980) l&rsquo;a rendu célèbre dans le monde entier — un roman policier médiéval qui est aussi une réflexion sur le pouvoir, la vérité et la censure. Derrière le romancier à succès, il y avait toujours le sémiologue : quelqu&rsquo;un qui traque le sens caché des choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, il a grandi sous <strong>le régime de Mussolini</strong>. Cette expérience directe confère à l&rsquo;opuscule <em>Le fascisme éternel</em> une dimension que peu d&rsquo;essais politiques possèdent : ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;analyse d&rsquo;un savant, c&rsquo;est aussi le témoignage de quelqu&rsquo;un qui a vu ces mécanismes fonctionner de l&rsquo;intérieur.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi ce texte a été écrit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Publié à partir d&rsquo;une conférence, il répond à une question simple mais importante : le fascisme peut-il réapparaître ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Eco montre que oui — mais pas forcément sous les formes visibles que nous connaissons. Pas d&rsquo;uniformes, pas nécessairement de dictature totale, mais des logiques et des mécanismes qui peuvent se réinstaller progressivement.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;idée centrale : le « fascisme éternel »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Eco parle d&rsquo;<em>Ur-fascisme</em> : le fascisme originel, ou permanent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un modèle figé, mais un ensemble de tendances qui peuvent apparaître isolément ou combinées. Il ne s&rsquo;agit donc pas de chercher un bloc unique, mais de repérer des signes et des mécanismes — une approche que l&rsquo;on retrouve aussi chez Robert Paxton.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>14 signaux à observer</strong></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Culte du passé et des traditions</li>



<li>Rejet de la pensée critique et de la modernité</li>



<li>Valorisation de l&rsquo;action au détriment de la réflexion</li>



<li>Refus du désaccord</li>



<li>Peur de ce qui est différent (étrangers, opposants…)</li>



<li>Exploitation des frustrations sociales</li>



<li>Croyance dans des complots</li>



<li>Sentiment d&rsquo;humiliation collective</li>



<li>Vision du monde comme une lutte permanente</li>



<li>Mépris des plus faibles</li>



<li>Culte du héros et du sacrifice</li>



<li>Valorisation d&rsquo;une virilité agressive</li>



<li>Le « peuple » incarné par un chef</li>



<li>Langage simplifié pour réduire la nuance</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pris séparément, ces éléments ne sont pas spectaculaires. Mis ensemble — ou accumulés progressivement — ils peuvent enclencher une dynamique dangereuse. Cette dynamique, c&rsquo;est celle que l&rsquo;on observe un peu partout dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une précaution s&rsquo;impose cependant</strong>. Chacun d&rsquo;entre nous peut, sur tel ou tel point, se reconnaître partiellement dans cette liste. Être critique envers certaines formes de modernité — douter que la numérisation tous azimuts soit un progrès, trouver que les paysages défigurés par des installations industrielles ont un coût humain et esthétique réel — ce n&rsquo;est pas du fascisme. Ce qui compte, ce n&rsquo;est pas la présence isolée d&rsquo;un signal, c&rsquo;est leur accumulation, leur articulation, et surtout la direction vers laquelle ils pointent collectivement : désignation d&rsquo;un ennemi, fermeture à la contradiction, soumission à un chef. C&rsquo;est la logique d&rsquo;ensemble qui est révélatrice, pas le signal pris seul.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi ce texte reste utile</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui fait la valeur de <em>Le fascisme éternel</em>, c&rsquo;est précisément qu&rsquo;il dépasse le cas Mussolini. Il nous apprend à <strong>penser en termes de mécanismes</strong> plutôt que d&rsquo;étiquettes : non pas « est-ce que ce régime <em>est</em> fasciste ? », mais « quels sont les <strong>processus </strong>à l&rsquo;œuvre ici ? ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;est un outil d&rsquo;analyse, pas un verdict.</strong> Et c&rsquo;est pour ça qu&rsquo;il reste pertinent aujourd&rsquo;hui.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Crédit photo : Par <a href="https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=47166028" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rob  Bogaerts</a>, Anefo.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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			</item>
		<item>
		<title>Quelques penseurs critiques de John Locke sur la propriété</title>
		<link>https://www.arteacom.fr/quelques-penseurs-critiques-de-john-locke-sur-la-propriete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Muriel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 09:10:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concepts et auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Notes de synthèse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.arteacom.fr/?p=7496</guid>

					<description><![CDATA[<p>La pensée de John Locke a profondément marqué la philosophie politique moderne. En fondant la liberté sur la propriété, il a ouvert la voie au libéralisme et à l’individualisme qui structurent encore nos sociétés contemporaines. Mais cette conception, présentée comme &#8230; <a href="https://www.arteacom.fr/quelques-penseurs-critiques-de-john-locke-sur-la-propriete/">Lire la suite­­</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">La pensée de John Locke a profondément marqué la philosophie politique moderne. En fondant la liberté sur la propriété, il a ouvert la voie au libéralisme et à l’individualisme qui structurent encore nos sociétés contemporaines.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette conception, présentée comme universelle et émancipatrice, a été l’objet de nombreuses critiques. Plusieurs penseurs ont cherché à en dévoiler les limites, voire les contradictions : comment une théorie née pour défendre la liberté peut-elle aussi justifier l’inégalité, l’exploitation ou la colonisation ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Du XIXᵉ au XXᵉ siècle, des auteurs ont proposé des lectures différentes de Locke, mettant en lumière les aspects idéologiques, économiques et politiques de sa théorie de la propriété.</p>
</blockquote>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Marx</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Marx, la théorie développée par Locke de la propriété reflète la vision du monde de la bourgeoisie montante. En liant le droit de propriété au travail individuel, Locke donne une apparence naturelle et juste à l’appropriation privée des richesses. Mais, dans le système capitaliste, ce principe sert surtout à légitimer le fait que les propriétaires s’approprient le fruit du travail d’autrui. Ainsi, sous couvert de défendre la liberté, Locke fournit en réalité une justification idéologique à l’exploitation économique.</p>



<p class="has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#f8f8f8">Illustration : au XIXᵉ siècle, dans les manufactures anglaises, les ouvriers produisent la richesse mais n’en possèdent rien ; leur travail, pourtant censé fonder la propriété selon Locke, profite aux capitalistes. Marx voit là la contradiction fondamentale entre la théorie et la réalité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Crawford Brough Macpherson</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Crawford Brough Macpherson, professeur de science politique canadien, a parlé d’un « individualisme possessif » : selon lui, Locke définit l’individu comme propriétaire de lui-même. Sa liberté consiste avant tout à disposer de son corps, de son travail et de ses biens comme d’une propriété privée. Dans cette logique, les rapports sociaux se réduisent à des échanges entre propriétaires, et la société devient un ensemble d’intérêts individuels en concurrence plutôt qu’un espace de solidarité commune.</p>



<p class="has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#f8f8f8">Un exemple : cette logique se retrouve dans la société libérale moderne où la réussite personnelle et la propriété individuelle sont souvent valorisées plus que les biens communs ou la coopération sociale (comme l’accès à la santé, à l’éducation ou à l’environnement).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Hannah Arendt</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Hannah Arendt, a souligné que Locke réduisait la liberté politique à la protection des possessions et des intérêts matériels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Locke, la liberté ne consiste pas surtout à participer à la vie collective ou à prendre part aux décisions politiques, mais à garantir que chacun puisse jouir de ses biens et de son travail. Autrement dit, la liberté devient avant tout une question économique, centrée sur la propriété, plutôt qu’une véritable liberté civique ou collective.</p>



<p class="has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#f8f8f8">Une exemple concret : Arendt voyait dans cette conception une origine de la passivité politique moderne. Dans les sociétés libérales, beaucoup de citoyens se contentent de défendre leur confort matériel et leur sécurité privée, sans chercher à prendre part aux décisions collectives. Cette attitude, pour elle, marque le recul de la liberté véritable, celle qui s’exerce dans l’action et la participation au monde commun.</p>



<h3 class="wp-block-heading">James Tully ou Barbara Arneil</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, des historiens du colonialisme, comme James Tully ou Barbara Arneil, ont montré que la philosophie de Locke pouvait servir à justifier la colonisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Locke, la propriété naît du travail : les terres « non cultivées » ou exploitées selon des méthodes différentes de celles des Européens ne donnaient pas de droits légitimes à leurs habitants. Cette idée a été utilisée pour légitimer l’expropriation des populations autochtones et l’installation de colons européens, au nom de la raison et de la civilisation, donnant ainsi une justification théorique à la conquête et à la domination coloniale.</p>



<p class="has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#f8f8f8">Un exemple : en Amérique du Nord, les colons anglais ont considéré les terres des peuples amérindiens comme « vides » parce qu’elles n’étaient pas exploitées selon les critères agricoles européens — un raisonnement directement inspiré de la pensée lockéenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, des auteurs majeurs ont mis en évidence la contradiction entre l’universalisme que Locke proclamait et les rapports de domination que sa pensée a pu soutenir.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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			</item>
		<item>
		<title>John Locke et son ambigu droit de propriété</title>
		<link>https://www.arteacom.fr/john-locke-et-son-ambigu-droit-de-propriete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Muriel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 16:30:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concepts et auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Notes de synthèse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.arteacom.fr/?p=7479</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des droits naturels pour chacun… John Locke soutient que chaque être humain possède, par nature, des droits inaliénables : la vie, la liberté et la propriété. Selon lui, la Terre a été donnée par Dieu à l’humanité tout entière, mais &#8230; <a href="https://www.arteacom.fr/john-locke-et-son-ambigu-droit-de-propriete/">Lire la suite­­</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, il nous paraît évident que la propriété privée soit un droit fondamental de chaque individu. Pourtant, à l’époque de John Locke, au XVIIᵉ siècle, une telle idée était profondément révolutionnaire. Dans une société encore dominée par la monarchie absolue et les privilèges héréditaires, affirmer que la propriété relève d’<strong>un droit naturel </strong>revenait à remettre en cause l’ordre politique et social établi.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Des droits naturels pour chacun…</h2>



<p class="wp-block-paragraph">John Locke soutient que chaque être humain possède, par nature, <strong>des droits inaliénables : la vie, la liberté et la propriété</strong>. Selon lui, la Terre a été donnée par Dieu à l’humanité tout entière, mais chacun est propriétaire de sa propre personne et de son travail. Dès lors, lorsque l’homme transforme la nature par son activité — en cultivant, en construisant, en produisant —, il acquiert un droit légitime sur le fruit de ce travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fondant la propriété sur le travail individuel et non sur le pouvoir du souverain, Locke affirme la primauté de l’individu sur toute autorité politique ou divine. Cette idée ouvre la voie au libéralisme moderne et aux futures démocraties fondées sur les droits de l’homme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">…mais finalement, au profit des puissants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, si la pensée de Locke se voulait universelle, elle a eu des effets très différents dans la pratique. Au même moment, l’Angleterre connaît le mouvement des <strong>enclosures</strong>, c’est-à-dire la privatisation progressive des terres communes au profit des grands propriétaires. Le discours de Locke sur le droit naturel de propriété a alors servi à légitimer ces appropriations en les présentant comme le résultat du travail et de la raison. En réalité, <strong>ce processus a exproprié les paysans </strong>et renforcé le pouvoir économique des élites. Ainsi, la théorie lockéenne, tout en se présentant comme une défense de la liberté individuelle, a contribué à conforter la domination des plus puissants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce paradoxe illustre toute l’ambiguïté de la pensée de Locke : elle fonde la liberté politique moderne, mais au prix d’une conception de la propriété qui, dans les faits, <strong>a souvent exclu les plus pauvres</strong>. De plus, Locke lui-même n’était pas un observateur neutre. Il a été actionnaire de la Royal African Company, impliquée dans la traite négrière, et a participé à la rédaction des Constitutions de la Caroline, qui garantissaient le droit de propriété — y compris celui des esclavagistes. Ces faits rappellent que sa théorie, loin d’être purement abstraite, servait souvent les intérêts des possédants et des colonisateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui était une idée révolutionnaire à son époque est devenu, pour nous, une évidence — mais une évidence qu’il faut réexaminer, car elle a aussi servi à justifier des inégalités et de terribles rapports de domination.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">A lire aussi : &gt;&gt; <a href="https://www.arteacom.fr/quelques-penseurs-critiques-de-john-locke-sur-la-propriete/" title="Quelques penseurs critiques de John Locke sur la propriété">Quelques penseurs critiques de John Locke</a></h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Le fascisme à travers l’analyse de Robert Paxton</title>
		<link>https://www.arteacom.fr/le-fascisme-a-travers-lanalyse-de-robert-o-paxton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Muriel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Oct 2025 07:17:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concepts et auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Notes de synthèse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.arteacom.fr/?p=7395</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mise à jour le : 13/10/26 Quand on parle de fascisme, on pense à Benito Mussolini en Italie ou à Adolf Hitler en Allemagne. Des régimes autoritaires, violents et nationalistes, qui ont marqué le XXᵉ siècle. Mais comment un mouvement &#8230; <a href="https://www.arteacom.fr/le-fascisme-a-travers-lanalyse-de-robert-o-paxton/">Lire la suite­­</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Mise à jour le : 13/10/26</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Cela fait plusieurs mois que le terme « fascisme » revient très régulièrement dans les médias de masse ou alternatifs. Certains observateurs nous alertent car, s’il est utilisé à tort et à travers, ce mot risque de brouiller le débat et de décrédibiliser ceux qui l&#8217;emploient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ne pas ajouter de la confusion là où la précision des mots est nécessaire, j&rsquo;ai fait des recherches afin de clarifier mon propre usage de ce concept.</p>
</blockquote>
</blockquote>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on parle de fascisme, on pense à <strong>Benito Mussolini </strong>en Italie ou à <strong>Adolf Hitler</strong> en Allemagne. Des régimes autoritaires, violents et nationalistes, qui ont marqué le XXᵉ siècle. Mais comment un mouvement né dans la marge de la vie politique peut-il en arriver à contrôler un État et à plonger une société dans la guerre et la persécution ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à cette question que répond l&rsquo;historien américain Robert Paxton. Pour lui, le fascisme n&rsquo;est pas seulement une idéologie. C&rsquo;est un processus qui avance par étapes, et qui peut s&rsquo;arrêter à chacune d&rsquo;elles.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Robert Paxton, un historien américain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Robert Paxton est un historien américain né en 1932. Il enseigne à l’université Columbia de New York. Il est une référence mondiale sur l’histoire du fascisme et sur la France sous l’Occupation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son livre le plus connu est <em>La France de Vichy, 1940-194</em>. Dans son ouvrage, Paxton montre que le régime de Vichy n’a pas seulement subi l’Occupation allemande. Il a aussi pris des initiatives dans la collaboration, notamment concernant la politique antisémite. Ses travaux ont provoqué un grand débat en France, car ils mettaient à mal une vision plus indulgente de Vichy.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, Vichy est avant tout un régime <strong>autoritaire</strong> et <strong>conservateur</strong>, avec des tendances fascisantes. Il n’est donc pas un régime fasciste au sens strict. Cette nuance assez subtile est importante quand on veut employer les mots avec précision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, Paxton s&rsquo;est également intéressé aux autres mouvements fascistes européens. En 1998, il publie un article dans The Journal of Modern History, où il propose cinq étapes propres à la montée du fascisme. Il approfondira cette analyse en 2004, dans un livre titré&nbsp;: <em>The Anatomy of Fascism</em> (publié en français sous le titre <em>Le Fascisme en action</em>).</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Les 5 étapes du fascisme selon Paxton</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son article, Paxton décrit le fascisme comme un processus évolutif plutôt que comme une idéologie figée. Voici ses cinq étapes :</p>



<ol start="1" class="wp-block-list">
<li><strong>Création du mouvement</strong> : lorsque les démocraties sont en crise, que les élites sont discréditées aux yeux d’une partie de la population ou qu’apparaît dans la société un sentiment de déclin, &nbsp;c’est là que des groupes nationalistes et autoritaires apparaissent. Ces groupes rejettent le système en place et attirent à eux des partisans en colère ou frustrés.</li>



<li><strong>Enracinement dans la vie politique</strong> : le mouvement gagne en visibilité et séduit une partie de l&rsquo;opinion. Il profite d&rsquo;une impasse politique et passe des alliances avec des conservateurs.</li>



<li><strong>Arrivée au pouvoir</strong> : le plus souvent, elle n’est pas le résultat d’un coup de force. Ce qui est observé, ce sont des élites conservatrices qui appellent les fascistes au gouvernement. Elles pensent alors pouvoir les contrôler et les utiliser contre les forces de gauche. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est passé avec Mussolini en 1922 lorsqu’il a été nommé par le roi en 1922 et avec Hitler en 1933 quand il a été nommé chancelier du Reich par Hindenburg.</li>



<li><strong>Exercice du pouvoir</strong> : dans le cadre de son alliance avec les conservateurs, le régime fasciste transforme l&rsquo;État, supprime les oppositions, instaure un culte du chef, diffuse sa propagande et verrouille la société en noyautant un grand nombre d’institutions avec ses partisans. Malgré de nombreux conflits, les institutions traditionnelles continuent de fonctionner en parallèle avec les structures du parti fasciste&nbsp;: milices, police politique, tribunaux d’exception.</li>



<li><strong>Radicalisation ou essoufflement</strong> : à long terme, le régime peut basculer dans une radicalisation extrême, par la guerre et la persécution de masse, comme l’Allemagne nazie. Il peut aussi perdre sa dynamique révolutionnaire. C’est ce que Paxton appelle <em>l’entropie</em>. Il garde ainsi sa propagande et sa police, mais il partage le pouvoir avec le roi, l’Église, l’armée et les grands patrons. C’est l’Italie de Mussolini dans les années 1920.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle de Paxton ne présente pas ces étapes comme un mécanisme automatique ou universel. Il explique pourquoi certains mouvements restent seulement marginaux, pourquoi d&rsquo;autres s&rsquo;installent sans aller jusqu’à la radicalisation, et pourquoi d&rsquo;autres encore finissent en régimes meurtriers.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center has-text-color has-link-color wp-elements-4" style="color:#ff6a00">A lire sur Arteacom >> <a href="https://www.arteacom.fr/identifier-les-tendances-fascistes-dans-la-societe-avec-umberto-eco/">Identifier les tendances fascistes dans la société avec <strong>Umberto Eco</strong></a></h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Robert O. Paxton</strong>, <em>Le Fascisme en action</em>, Seuil, 2004.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Robert O. Paxton, « The Five Stages of Fascism », <em>The Journal of Modern History</em>, mars 1998.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Robert O. Paxton, <em>La France de Vichy, 1940-1944</em>, Seuil, 1973.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zeev Sternhell</strong>, <em>Ni droite ni gauche. L’idéologie fasciste en France</em>, Seuil, 1983. Pour lui, les idées fascistes sont nées en France avant d’être reprises en Italie et en Allemagne. Paxton n’est pas d’accord avec cette analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Emilio Gentile</strong>, <em>Qu’est-ce que le fascisme ?</em>, Gallimard, 2004. Il regarde surtout l’idéologie et la religion politique du fascisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre Milza</strong>, <em>Les Fascismes</em>, Seuil, 1991. Une synthèse claire sur les différents régimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ugo Palheta</strong>, <em>La possibilité du fascisme</em>, La Découverte, 2018. Un point de vue militant, assumé comme tel.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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			</item>
		<item>
		<title>Michel Clouscard : une critique du capitalisme libéral</title>
		<link>https://www.arteacom.fr/michel-clouscard-une-critique-du-capitalisme-liberal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Muriel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 16:48:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concepts et auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Notes de synthèse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.arteacom.fr/?p=7125</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Tout est permis mais rien n’est possible » Mise à jour : le 14 avril 2026 Michel Clouscard (1928-2009) était un philosophe et sociologue français. Il est surtout connu pour sa critique du capitalisme libéral, qu&#8217;il considère comme une &#8230; <a href="https://www.arteacom.fr/michel-clouscard-une-critique-du-capitalisme-liberal/">Lire la suite­­</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading has-virtue-primary-color has-text-color has-link-color wp-elements-6"><em>« <em>Tout est permis mais rien n’est possible</em> » </em></h2>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Mise à jour : le 14 avril 2026</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Michel Clouscard (1928-2009) était un philosophe et sociologue français. Il est surtout connu pour sa critique du capitalisme libéral, qu&rsquo;il considère comme une nouvelle forme de domination sociale — plus subtile que les précédentes, parce qu&rsquo;elle passe par le plaisir et non par la contrainte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Clouscard analyse comment le capitalisme s&rsquo;est transformé après la Seconde Guerre mondiale. Ce système ne se contente plus de contrôler les moyens de production : il s&rsquo;étend à tous les aspects de la vie quotidienne — consommation, loisirs, désirs.</p>
</blockquote>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Une “liberté piégée”</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Clouscard, le libéralisme économique s’est allié au libéralisme culturel pour mieux contrôler les individus. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il parle d&rsquo;une « liberté piégée » : le consommateur croit qu&rsquo;il est libre de satisfaire ses désirs, mais ces désirs sont en réalité fabriqués par le marché — ce que <strong>Galbraith </strong>avait déjà nommé la « <em><strong>création artificielle des besoins</strong></em> », et que Clouscard radicalise en y ajoutant une dimension politique.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Le capitalisme de la séduction</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <strong>« Le capitalisme de la séduction »</strong> (1981), il montre comment le capitalisme utilise le plaisir, la sexualité et le spectacle pour intégrer les individus au système économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là que sa thèse prend tout son tranchant. Les révoltes des années 1960 visaient à libérer les mœurs et à contester l&rsquo;ordre établi. Clouscard montre qu&rsquo;elles ont été récupérées : le capitalisme a absorbé cette énergie contestataire pour en faire un moteur de consommation. La liberté sexuelle devient publicité. La transgression devient produit. Ce qui devait ébranler le système a fini par le renforcer.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Une critique élargie du marxisme</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Clouscard s&rsquo;inspire de Marx pour analyser les rapports de classe, mais il va plus loin. Il montre que la bourgeoisie n&rsquo;a pas seulement résisté aux critiques culturelles : elle les a intégrées pour mieux asseoir son pouvoir. La contestation devient elle-même un objet à consommer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;art contemporain en est un exemple parlant : souvent présenté comme subversif, il fonctionne en réalité comme un instrument de distinction sociale, de spéculation et de prestige. La forme du défi reste, le fond a changé de camp.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Une pensée exigeante mais d&rsquo;une actualité frappante</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;œuvre de Clouscard est souvent jugée difficile d&rsquo;accès en raison de son vocabulaire théorique, mais l&rsquo;idée centrale est limpide : l<strong>e capitalisme libéral utilise le désir pour dominer, tout en prétendant libérer les individus</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son œuvre a été lue à gauche comme à droite — parfois récupérée, souvent mal citée. Ce qui en dit long sur sa puissance d&rsquo;irritation : une pensée qui dérange les deux camps à la fois a souvent touché quelque chose de réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus que jamais, aujourd’hui nous vivons dans ce capitalisme de la séduction : publicité toujours aussi envahissante, réseaux sociaux addictifs, objets technologiques à profusion et rapidement obsolètes, tourisme low cost, fast fashion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Collectivement, le capitalisme de la séduction alimente <a href="https://www.arteacom.fr/le-piege-du-credit-a-la-consommation-aux-usa/" title="Le piège du crédit à la consommation aux USA">le surendettement</a>, l’épuisement écologique et la dépendance à la consommation comme source d’identité.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La formule de Michel Clouscard — <strong>« <em>tout est permis mais rien n’est possible</em> »</strong> — résume ainsi ce que notre présent confirme chaque jour : une société qui multiplie les libertés apparentes tout en limitant les véritables possibilités de transformation. C&rsquo;est aussi ce qu&rsquo;a analysé plus récemment la philosophe Lea Ypi : <a href="https://www.arteacom.fr/etre-libre-choisir-en-connaissance-de-cause/" title="">Être libre, c’est pouvoir choisir en connaissance de cause</a>.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Sources et références</h4>



<ul class="wp-block-list">
<li>Theodor W. Adorno &amp; Max Horkheimer, <em>La Dialectique de la raison</em>, 1944 — les deux philosophes de l&rsquo;École de Francfort y montrent comment la culture de masse, devenue industrie, formate les esprits et neutralise l&rsquo;esprit critique au service du système capitaliste.</li>



<li>John Kenneth Galbraith, <em>L&rsquo;ère de l&rsquo;opulence</em> (<em>The Affluent Society</em>), 1958 — l&rsquo;économiste américain y analyse comment le capitalisme industriel fabrique artificiellement les besoins des consommateurs pour soutenir sa propre croissance.</li>



<li>Michel Clouscard, <em>Le Capitalisme de la séduction</em>, Éditions Sociales, 1981 — l&rsquo;ouvrage de référence dans lequel Clouscard développe sa thèse sur l&rsquo;alliance entre libéralisme économique et libéralisme culturel.</li>
</ul>



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<p class="wp-block-paragraph">Lire également sur Arteacom : </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.arteacom.fr/desir-partout-bien-etre-nulle-part-le-capitalisme-de-la-seduction/" title="Désir partout, bien-être nulle part ou le Capitalisme de la séduction">Désir partout, bien-être nulle part ou le Capitalisme de la séduction</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Wikipedia : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Capitalisme_de_la_s%C3%A9duction" target="_blank" rel="noopener" title="">Le Capitalisme de la séduction</a></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Crédit photo&nbsp;: <a href="https://www.pexels.com/fr-fr/@borevina/" target="_blank" rel="noopener" title="">Borko Manigoda. Pexels.</a></p>



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